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Compte-rendu de visite du Centre Phenix (Al-Feneiq Center) en Palestine
par François Xavier Chauvier - Juillet 2004

Historique

Le projet du centre Phenix a débuté en 1997. Il s’agissait au début d’un projet conjoint avec l’UNRWA (l’office des Nations-Unis chargés de la question des réfugiés palestiniens) visant à donner du travail à la population des camps de réfugiés, particulièrement touchée par le chômage.

Le projet consistait à construire un lieu ou les enfants du camp de Dheisheh pourrait venir jouer.

Le Comité Populaire a commencé par choisir un lieu dans le camp et le délimiter par une grille. Puis il a envoyé des demandes de subvention à l’UNDP (United Nations Développement Programme), aux gouvernements canadien et japonais et à différentes associations pour avoir l’argent permettant de construire un mur autour de ce lieu. Ils ont reçu un accord pour cela du gouvernement canadien en même temps qu’une subvention de l’UNDP pour déblayer un premier terrain pour en faire un terrain de jeux pour les enfants (enlever les pierres,nettoyer le lieu, l’aplanir…).

Ensuite un autre projet a été développé avec l’UNDP et l’Autorité Palestinienne. Celui-ci consistait à construire un bâtiment (bureau, toilettes…). Cela s’est fait mais sans création d’emploi pour les habitants du camp car l’autorité palestinienne et l’UNDP ont imposé l’utilisation d’entreprises spécialisées extérieures au camp employant des travailleurs ne venant pas du camp.

Le Comité Populaire a ensuite obtenu l’accord de l’UNDP pour la construction d’une partie de la salle de conférence, qui a débuté en 1998 avec des travailleurs du camp cette fois.

Fin 1998 donc, le mur clôturant le lieu était terminé, le terrain était partiellement déblayé, le bâtiment avec les bureaux et toilettes ainsi qu’une partie de la salle de conférence était construit.

En 1999, suite à des projets envoyés à différentes associations, gouvernements et UNDP une cafétéria et une rampe d’accès pour les handicapés ont été réalisés. L’UNDP a également donné son accord pour finir la salle de conférence et le gouvernement japonais a fourni de l’argent pour effectuer des plantations d’arbre et différents aménagements.

Ils ont également contacté le ministère palestinien de l’agriculture pour discuter de l’approvisionnement en eau du centre. Le ministère n’a fourni qu 700 shekels (1 euro vaut environ 5,30 shekels), somme très insuffisante qui a été complété par des associations locales.

En 2000 la deuxième Intifada a débuté. L’armée israélienne a attaqué le camp et le centre Phenix. Le mur d’enceinte a été détruit. Les soldats sont rentrés à l’intérieur du bâtiment y détruisant tout ce qui s’y trouvait, tirant dans les murs. Un des murs du bâtiment a également été détruit. Le comité Populaire a réparé les dégâts mais 3 mois après les soldats sont revenus, détruisant grille et murs d’enceinte et recassant tout ce qui se trouvait à l’intérieur. Le centre Phenix est également
victime de tirs venant de la colonie d’Efrat de l’autre côté de la vallée. Ces tirs détruisent une maison juste à côté du centre et des balles de gros calibres pénètrent à l’intérieur du bâtiment.

En 2001, l’armée israélienne a occupé le centre Phenix, s’en servant comme d’une place stratégique pour lancer des raids à l’intérieur du camp.

A chaque fois des rapports ont été envoyé à l’ONU et à différents gouvernements.

Malgré cela les habitants du camp ont à chaque fois reconstruit le centre Phenix. Des activités s’y déroulent depuis 2002 et l’inauguration officielle a eu lieu en juin 2004.

Organisation du centre

Actuellement, le centre Phenix est dirigé par le Comité Populaire du camp.

Le comité populaire va prochainement nommer une direction provisoire pour le centre phenix avant que des élections soient organisées dans le camp pour élire la direction du centre Phenix. Il est prévu que cette direction soit renouvelée tous les trois ans.

Le personnel du centre est salarié excepté la direction qui est bénévole.

23 personnes travaillent au centre Phenix par roulement de deux équipes. Les gens travaillent dix jours et après laissent leur place pour permettre qu’un maximum de personnes du camp bénéficient de cette opportunité d’avoir un salaire. Seules les tâches spécialisées comme cuisinier ou jardinier ne sont pas renouvelées tous les 10 jours.

Le jardin

Lieu de rencontre et de jeux pour les enfants, il a été conçu comme un lieu permettant aux familles de venir passer un moment de détente. Plusieurs terrains de jeux (avec toboggan, balançoire…) sont accessibles aux enfants. Une cafétéria propose nourriture et boisson (ainsi que
Narguileh !).

Pour couvrir les frais de fonctionnement, une participation symbolique est demandée aux familles pour rentrer au jardin. Les prix de la cafétéria sont très largement inférieurs aux prix de la région de Bethléem.

Des camps d’été pour les enfants sont organisés dans le jardin et des écoles y organisent des sorties.

La Grande Salle ou salle de conférence

D’une capacité de 1000 personnes, plusieurs activités s’y déroulent :

-Des formations y sont organisées : théâtre, informatique, cours complémentaires pour les étudiants, projet scolaire, écriture de chansons, situation et droits des réfugiés palestiniens…

Les associations organisent elles-mêmes ces formations exceptées quelques unes réalisées par le comité populaire. Celui-ci a par exemple organisé pendant 7 mois un stage pour 60 femmes du camp afin de leur enseigner comment créer une association, organiser un camp d’été, mener un projet etc… Pour cela des enseignants de différentes associations avaient été invité.

Des consultations par des psychiatres et psychanalystes ont aussi été organisées pour les enfants du camp souffrant de problèmes psychologiques suite à l’occupation et à la violence.

-Cette salle est également louée pour des mariages, des fêtes, des concerts…

-Des conférences, débats et assemblées y sont aussi organisés par différentes associations ainsi que des remises de diplômes par les écoles.

Cuisine collective

Un projet de cuisine collective va débuter au cours du mois d’août. 70 femmes du camp vont participer à ce projet. Elles ont été choisi sur des critères sociaux (pauvreté, nombre d’enfants, maris malades et donc ne pouvant travailler, enfants étudiants et nécessitant donc argent).

Les femmes feront des repas pas seulement pour le centre phenix mais aussi pour des écoles, d’autres associations de la zone de Bethléem etc…

Le salaire de ces femmes a été payé pour un an par une association internationale (« Holy Father Commission for the Relief Agency in the Middle East » ) qui a également fourni du matériel. Il reste à la charge du centre Phenix de trouver et acheter la nourriture. Le but étant d’atteindre un équilibre financier entre la vente des repas et l’achat de la nourriture mais aussi à terme de pouvoir prendre en charge le salaire de ces femmes (car sinon se posera le problème de la pérennité de ce projet dans un an quand l’association arrêtera de payer le salaire des femmes)

Projets et Besoins du centre

-Le centre possède un fax mais pas de photocopieuse.

-Pour ses différentes formations, le centre manque de matériels informatiques et notamment d’ordinateurs, de films, d’une vidéo-caméra, d’instruments de musiques…

-Le Centre manque aussi d’enseignants. Un des projets par exemple est d’organiser un stage de peintures et de dessins pour une dizaine d’adolescents du camp sachant très bien dessiner. Cela serait l’occasion de peindre notamment des fresques murales sur un certain nombre de murs
du camp. Ils manquent pour cela de peinture et d’un enseignant pour un stage de 10 jours à un mois.

Une autre demande serait un enseignement en mécanique. Les gens savaient  réparer eux-mêmes les anciennes voitures mais ne savent plus le faire
avec les nouveaux modèles d’injonction etc…

-La construction d’un deuxième étage est aussi en projet. Celui-ci comprendrait :

Une bibliothèque, la bibliothèque Edouard Said

Un centre pour les femmes

Une coffee shop destinée aux jeunes du camp

Un centre Internet

Deux salles de conférence/formations

-Plus lointainement il y aurait le projet de construire une piscine à l’arrière du centre.

Le comité populaire va envoyer par courrier électronique les devis chiffrés pour les besoins en matériels (informatique, vidéo…).

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