|

|
Historique
Le projet du centre Phenix a débuté en 1997. Il s’agissait au début d’un
projet conjoint avec l’UNRWA (l’office des Nations-Unis chargés de la
question des réfugiés palestiniens) visant à donner du travail à la
population des camps de réfugiés, particulièrement touchée par le chômage.
Le projet consistait à construire un lieu ou les enfants du camp de
Dheisheh pourrait venir jouer.
Le Comité Populaire a commencé par choisir un lieu dans le camp et le
délimiter par une grille. Puis il a envoyé des demandes de subvention à
l’UNDP (United Nations Développement Programme), aux gouvernements
canadien et japonais et à différentes associations pour avoir l’argent
permettant de construire un mur autour de ce lieu. Ils ont reçu un
accord pour cela du gouvernement canadien en même temps qu’une
subvention de l’UNDP pour déblayer un premier terrain pour en faire un
terrain de jeux pour les enfants (enlever les pierres,nettoyer le lieu,
l’aplanir…).
Ensuite un autre projet a été développé avec l’UNDP et l’Autorité
Palestinienne. Celui-ci consistait à construire un bâtiment (bureau,
toilettes…). Cela s’est fait mais sans création d’emploi pour les
habitants du camp car l’autorité palestinienne et l’UNDP ont imposé
l’utilisation d’entreprises spécialisées extérieures au camp employant
des travailleurs ne venant pas du camp.
Le Comité Populaire a ensuite obtenu l’accord de l’UNDP pour la
construction d’une partie de la salle de conférence, qui a débuté en
1998 avec des travailleurs du camp cette fois.
Fin 1998 donc, le mur clôturant le lieu était terminé, le terrain était
partiellement déblayé, le bâtiment avec les bureaux et toilettes ainsi
qu’une partie de la salle de conférence était construit.
En 1999, suite à des projets envoyés à différentes associations,
gouvernements et UNDP une cafétéria et une rampe d’accès pour les
handicapés ont été réalisés. L’UNDP a également donné son accord pour
finir la salle de conférence et le gouvernement japonais a fourni de
l’argent pour effectuer des plantations d’arbre et différents aménagements.
Ils ont également contacté le ministère palestinien de l’agriculture
pour discuter de l’approvisionnement en eau du centre. Le ministère n’a
fourni qu 700 shekels (1 euro vaut environ 5,30 shekels), somme très
insuffisante qui a été complété par des associations locales.
En 2000 la deuxième Intifada a débuté. L’armée israélienne a attaqué le
camp et le centre Phenix. Le mur d’enceinte a été détruit. Les soldats
sont rentrés à l’intérieur du bâtiment y détruisant tout ce qui s’y
trouvait, tirant dans les murs. Un des murs du bâtiment a également été
détruit. Le comité Populaire a réparé les dégâts mais 3 mois après les
soldats sont revenus, détruisant grille et murs d’enceinte et recassant
tout ce qui se trouvait à l’intérieur. Le centre Phenix est également
victime de tirs venant de la colonie d’Efrat de l’autre côté de la
vallée. Ces tirs détruisent une maison juste à côté du centre et des
balles de gros calibres pénètrent à l’intérieur du bâtiment.
En 2001, l’armée israélienne a occupé le centre Phenix, s’en servant
comme d’une place stratégique pour lancer des raids à l’intérieur du camp.
A chaque fois des rapports ont été envoyé à l’ONU et à différents
gouvernements.
Malgré cela les habitants du camp ont à chaque fois reconstruit le
centre Phenix. Des activités s’y déroulent depuis 2002 et l’inauguration
officielle a eu lieu en juin 2004.
Organisation du centre
Actuellement, le centre Phenix est dirigé par le Comité Populaire du camp.
Le comité populaire va prochainement nommer une direction provisoire
pour le centre phenix avant que des élections soient organisées dans le
camp pour élire la direction du centre Phenix. Il est prévu que cette
direction soit renouvelée tous les trois ans.
Le personnel du centre est salarié excepté la direction qui est bénévole.
23 personnes travaillent au centre Phenix par roulement de deux équipes.
Les gens travaillent dix jours et après laissent leur place pour
permettre qu’un maximum de personnes du camp bénéficient de cette
opportunité d’avoir un salaire. Seules les tâches spécialisées comme
cuisinier ou jardinier ne sont pas renouvelées tous les 10 jours.
Le jardin
Lieu de rencontre et de jeux pour les enfants, il a été conçu comme un
lieu permettant aux familles de venir passer un moment de détente.
Plusieurs terrains de jeux (avec toboggan, balançoire…) sont accessibles
aux enfants. Une cafétéria propose nourriture et boisson (ainsi que
Narguileh !).
Pour couvrir les frais de fonctionnement, une participation symbolique
est demandée aux familles pour rentrer au jardin. Les prix de la
cafétéria sont très largement inférieurs aux prix de la région de Bethléem.
Des camps d’été pour les enfants sont organisés dans le jardin et des
écoles y organisent des sorties.
La Grande Salle ou salle de conférence
D’une capacité de 1000 personnes, plusieurs activités s’y déroulent :
-Des formations y sont organisées : théâtre, informatique, cours
complémentaires pour les étudiants, projet scolaire, écriture de
chansons, situation et droits des réfugiés palestiniens…
Les associations organisent elles-mêmes ces formations exceptées
quelques unes réalisées par le comité populaire. Celui-ci a par exemple
organisé pendant 7 mois un stage pour 60 femmes du camp afin de leur
enseigner comment créer une association, organiser un camp d’été, mener
un projet etc… Pour cela des enseignants de différentes associations
avaient été invité.
Des consultations par des psychiatres et psychanalystes ont aussi été
organisées pour les enfants du camp souffrant de problèmes
psychologiques suite à l’occupation et à la violence.
-Cette salle est également louée pour des mariages, des fêtes, des concerts…
-Des conférences, débats et assemblées y sont aussi organisés par
différentes associations ainsi que des remises de diplômes par les écoles.
Cuisine collective
Un projet de cuisine collective va débuter au cours du mois d’août. 70
femmes du camp vont participer à ce projet. Elles ont été choisi sur des
critères sociaux (pauvreté, nombre d’enfants, maris malades et donc ne
pouvant travailler, enfants étudiants et nécessitant donc argent).
Les femmes feront des repas pas seulement pour le centre phenix mais
aussi pour des écoles, d’autres associations de la zone de Bethléem etc…
Le salaire de ces femmes a été payé pour un an par une association
internationale (« Holy Father Commission for the Relief Agency in the
Middle East » ) qui a également fourni du matériel. Il reste à la charge
du centre Phenix de trouver et acheter la nourriture. Le but étant
d’atteindre un équilibre financier entre la vente des repas et l’achat
de la nourriture mais aussi à terme de pouvoir prendre en charge le
salaire de ces femmes (car sinon se posera le problème de la pérennité
de ce projet dans un an quand l’association arrêtera de payer le salaire
des femmes)
Projets et Besoins du centre
-Le centre possède un fax mais pas de photocopieuse.
-Pour ses différentes formations, le centre manque de matériels
informatiques et notamment d’ordinateurs, de films, d’une vidéo-caméra,
d’instruments de musiques…
-Le Centre manque aussi d’enseignants. Un des projets par exemple est
d’organiser un stage de peintures et de dessins pour une dizaine
d’adolescents du camp sachant très bien dessiner. Cela serait l’occasion
de peindre notamment des fresques murales sur un certain nombre de murs
du camp. Ils manquent pour cela de peinture et d’un enseignant pour un
stage de 10 jours à un mois.
Une autre demande serait un enseignement en mécanique. Les gens savaient
réparer eux-mêmes les anciennes voitures mais ne savent plus le faire
avec les nouveaux modèles d’injonction etc…
-La construction d’un deuxième étage est aussi en projet. Celui-ci
comprendrait :
Une bibliothèque, la bibliothèque Edouard Said
Un centre pour les femmes
Une coffee shop destinée aux jeunes du camp
Un centre Internet
Deux salles de conférence/formations
-Plus lointainement il y aurait le projet de construire une piscine à
l’arrière du centre.
Le comité populaire va envoyer par courrier électronique les devis
chiffrés pour les besoins en matériels (informatique, vidéo…).
|